ETT BI
Démocratisation des acquisitions locales & enjeux
Samedi 18 avril 2026
18h - 21h
L’acquisition d’œuvres au Sénégal se heurte à une tension structurelle : d’un côté, un pouvoir d’achat souvent limité et une culture de l’achat encore inégalement répartie ; de l’autre, des prix fréquemment indexés sur des références et mécanismes de marché internationaux. Ce décalage contribue à la rareté de jeunes collectionneur·euse·s, à la concentration des achats et à l’externalisation de nos marchés, alors même que l’acquisition demeure un levier décisif pour la promotion de l’art contemporain, la valorisation des métiers artistiques et la consolidation d’un tissu économique local.
Cette rencontre vise à identifier les freins réels à l’acquisition, sans réduire le débat à “prix trop élevés vs publics pas prêts”. Trop souvent, l’accès à l’achat dépend de codes implicites, de réseaux et d’un manque d’information sur la valeur, la provenance ou les modalités de paiement. L’objectif est donc de rendre l’acquisition plus accessible et transparente afin d’élargir la base d’acheteurs sans fragiliser les artistes ni dégrader les standards de rémunération, en identifiant des mécanismes adaptés au contexte local.
Entrée libre, places limitées.
Prise de parole ouverte à tous.
CONTACT
A PROPOS DES RENCONTRES ËTT BI
OH Institute initie Ëtt bi, une série de rencontres publiques conçues comme une cour de parole et d’écoute : un espace de réflexion, de dialogue et de mise en relation entre les acteurs culturels (artistes, chercheur·e·s, institutions, opérateurs culturels, collectionneur·euse·s, etc.), mais surtout avec les étudiant·e·s et les publics amateurs.
Cette initiative part d’un constat : l’écosystème n’a sans doute jamais autant produit de contenus, de conversations et de conférences pour diffuser largement des savoirs et des enjeux. Pourtant, à mesure que la parole se multiplie, l’écoute se raréfie. Or, une part décisive du dynamisme et de la structuration de nos secteurs dépend de notre capacité à accueillir les constats et les besoins tels qu’ils sont formulés. Sans cela, nous posons des diagnostics erronés, répétons des schémas génériques et construisons des réponses hors-sol. Nous n’entendons plus suffisamment ce que les acteurs hors du prisme culturel ont à dire, et en particulier ce que les amateurs, toutes générations confondues, curieux, assidus et fortement engagés dans les pratiques culturelles et leur consommation, tentent de formuler. En effet, l’état actuel de non-structuration est un symptôme suffisamment clair : il révèle nos responsabilités collectives et notre incapacité à convertir les besoins exprimés en dispositifs concrets.
Ëtt bi renvoie à un lieu de circulation, d’échange et de négociation collective. Un espace où l’on se retrouve pour dire, mais surtout pour accueillir, questionner, se confronter, fracturer les récits dominants et interrompre les automatismes, afin de produire un état des lieux réel. Il ne s’agit pas d’un rendez-vous réservé aux seuls professionnels : c’est un format transversal, où pratiques, savoirs et publics se rencontrent parce que les scènes se structurent aussi par la porosité, pas uniquement par l’entre-soi.
Chaque session repose sur une mécanique simple : deux intervenant·e·s choisis·e·s ouvrent la rencontre par une note d’intention de 5 à 10 minutes chacun. La discussion qui s’ensuit est ouverte, libre à tous : questions, contradictions, retours d’expérience, et construction d’une intelligence collective. L’objectif n’est pas d’atteindre le consensus, mais de faire émerger de nouveaux profils, des problématiques, des priorités et des pistes à éprouver, au contact de celles et ceux qui pratiquent, qui vivent et consomment les arts et la culture.